Agroforesterie en grandes cultures : 10 ha de bois d'oeuvre plantés il y a 10 ans !, Roger Béziat

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Dans cette vidéo, Roger Béziat, agriculteur dans le Lauragais, partage son retour d’expérience sur l’agroforesterie après dix ans de recul. En 2013, il a planté 400 arbres sur 10 hectares pour assainir des parcelles hydromorphes tout en limitant l’érosion. Malgré des difficultés initiales, notamment dues à une pluviométrie excessive et aux dégâts causés par le gibier attiré par le paillage, le projet est aujourd'hui une réussite visuelle et environnementale. Roger Béziat souligne que cette démarche, menée en collaboration avec l'association Solagro, n'est pas une recherche de rentabilité immédiate, mais un investissement pour l'avenir et un vecteur de lien social. L'entretien se concentre désormais sur une taille légère au lamier et la valorisation des rémanents en broyat. L'agriculteur recommande vivement cette pratique, à condition de bien se faire accompagner, de rester vigilant sur le suivi des jeunes plantations et d'adapter le projet à ses contraintes matérielles.

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Résumé
Dans cette vidéo, Roger Béziat, agriculteur dans le Lauragais, partage son retour d’expérience sur l’agroforesterie après dix ans de recul. En 2013, il a planté 400 arbres sur 10 hectares pour assainir des parcelles hydromorphes tout en limitant l’érosion. Malgré des difficultés initiales, notamment dues à une pluviométrie excessive et aux dégâts causés par le gibier attiré par le paillage, le projet est aujourd'hui une réussite visuelle et environnementale. Roger Béziat souligne que cette démarche, menée en collaboration avec l'association Solagro, n'est pas une recherche de rentabilité immédiate, mais un investissement pour l'avenir et un vecteur de lien social. L'entretien se concentre désormais sur une taille légère au lamier et la valorisation des rémanents en broyat. L'agriculteur recommande vivement cette pratique, à condition de bien se faire accompagner, de rester vigilant sur le suivi des jeunes plantations et d'adapter le projet à ses contraintes matérielles.

Roger Béziat est agriculteur en grandes cultures à 20 km au Sud de Toulouse, dans le Lauragais. Pour lutter contre l’érosion des sols, qui est une problématique forte dans la région, il a converti son système en semis direct et techniques culturales simplifiées il y a 10 ans. Il a commencé à planter des arbres dans les années 1990, en commençant par planter des haies brise-vents puis, en 2013, il a planté 400 arbres intraparcellaires sur 10 ha. L’un des objectifs était de réduire l’hydromorphie de ces parcelles. Merci à lui pour son partage !


Plus d'infos par ici : https://po.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/National/FAL_commun/publications/Occitanie/TTSI_temoignage4_BEZIAT.pdf


Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du projet AF4EU (https://af4eu.eu), avec le soutien de l'Union Européenne.


Tournage le 30 mai 2024.


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Chapitrage :

00:00 Zapping d’introduction

00:48 Présentation de la ferme

02:47 La genèse du projet agroforestier

05:08 La plantation d’arbres : écartements

08 :57 Préparation du sol avant la plantation

10:36 Essences choisies

13:32 Entretien : achat d’un lamier et production de broyat

24:54 Concurrence avec les cultures

28:39 Des arbres pour lutter contre l’hydromorphie

31:01 Un conseil pour se lancer dans l’agroforesterie ?

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Présentation de l’exploitation

Roger Béziat est agriculteur à la tête de l’EARL La Baronnesse, située sur les premiers contreforts du Lauragais. L’exploitation s’étend sur 170 hectares, dont 70 hectares en propriété et 100 hectares en fermage. La ferme se caractérise par une absence d’irrigation, une pluviométrie annuelle d’environ 700 mm et un relief accidenté avec des pentes comprises entre 25 et 30 %. Les sols sont argilo-calcaires, dits “superficiels” avec une profondeur arable variant de 20 à 60 cm. Le taux de [[matière organique]], historiquement à 1 %, a progressé pour atteindre entre 2 et 3 % grâce aux pratiques de TCS (techniques culturales simplifiées) et de semis direct adoptées depuis les années 2000.

Genèse du projet d’agroforesterie

L’implication de Roger Béziat dans l’agroforesterie a commencé par la plantation de haies, encouragée initialement par la lutte contre l’érosion et la protection contre le vent d’autan. En 2013, il devient l’un des premiers agriculteurs de Haute-Garonne à se lancer dans un projet d’agroforesterie structuré, accompagné par l’association Solagro dans le cadre de la mesure 222.

L’objectif initial était double :

  • Assainissement : Tester des alignements d’arbres sur des parcelles hydromorphes pour améliorer la gestion de l’eau.
  • Diversification : Créer un paysage agroforestier sur 10 hectares (répartis en deux parcelles de 6 et 4 hectares) avec 400 arbres plantés.

Mise en place et choix techniques

Les rangées d’arbres ont été espacées de 30 mètres pour s’adapter au matériel agricole (matériel d’épandage de 28 mètres). Les arbres sont plantés avec un espacement de 5 mètres sur la ligne. Le mélange d’essences (chênes sessiles, noyers, etc.) a été privilégié pour éviter les effets de monoculture et favoriser la résilience.

La méthode de plantation utilisée, inspirée des techniques de haies, consiste à créer un trou à la tarière, en y ajoutant du sable au fond pour favoriser un enracinement profond, évitant ainsi le lissage des parois et permettant à l’arbre de puiser l’eau en profondeur.

Défis et entretien

Les premières années ont été marquées par des aléas climatiques (excès de pluviométrie en 2013-2014) et des dégâts de gibier causés par l’utilisation de broyat de bois en paillage. Roger Béziat souligne que l’entretien est surtout exigeant les six ou sept premières années (remise en place de protections, piquets et plans).

Concernant la taille, l’agriculteur insiste sur la nécessité d’intervenir tous les trois ans avec un lamier une fois que le développement de la végétation devient gênant pour les machines. Il note toutefois que, passé ce cap, les arbres poussent de manière relativement autonome.

Valorisation des déchets et biodiversité

Pour valoriser les branches issues de l’entretien (taille des haies et de l’agroforesterie), Roger Béziat a mis en place une plateforme de gestion du bois raméal fragmenté (BRF) en collaboration avec des paysagistes locaux. Cette organisation permet :

  • De traiter entre 700 et 800 m³ de broyat par an.
  • D’amender environ 10 à 12 hectares de terres proches de l’exploitation (50 à 60 m³/ha).
  • De réduire les coûts logistiques et l’empreinte carbone liée au transport des déchets verts.

Bilan après 10 ans

Sur le plan économique et agronomique, Roger Béziat reste prudent : l’agroforesterie n’est pas une source de revenu immédiat, mais plutôt un investissement pour les générations futures et une amélioration de l’image de l’agriculture en zone périurbaine.

Il observe :

  • Pas de concurrence majeure : Avec une gestion adaptée, la concurrence entre les cultures et les arbres en phase de repos végétatif est minime, hormis sur les cultures de printemps lors d’années particulièrement sèches.
  • Amélioration du sol : La structure du sol s’est améliorée et les problèmes d’hydromorphie ont été atténués.
  • Communication : Le projet favorise un dialogue positif avec les riverains et le monde non agricole.

Pour ceux qui souhaitent se lancer, le conseil principal de Roger Béziat est de bien se faire accompagner, de limiter l’ampleur du projet lors des premières années pour assurer un suivi rigoureux, et surtout, de considérer ce projet comme une aventure de long terme plutôt que comme une recherche de rentabilité immédiate.