Agroforesterie dans le Gers : réduire l'érosion et augmenter la biodiversité, Pierre Pujos

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Dans cette vidéo, l'agriculteur Pierre Pujos partage son expérience de l'agroforesterie sur sa ferme située dans le Gers. Face à un climat de plus en plus sec et variable, il a choisi de diversifier ses systèmes de culture et d'élevage en intégrant des arbres pour lutter contre l'érosion des sols argilo-calcaires et favoriser la biodiversité. En plantant des haies et des lignes d'arbres en travers des pentes, il crée des micro-terrasses qui retiennent l'eau et les terres tout en améliorant la structure verticale des sols. Bien que la valorisation économique du bois d'œuvre prenne du temps, Pierre Pujos souligne l'importance vitale de ces aménagements pour la résilience future face au changement climatique. Il insiste également sur le rôle crucial des animaux en plein air, qui boostent la fertilité des sols sans intrants, créant ainsi un écosystème durable et une dynamique de solidarité entre agriculteurs locaux. Un témoignage inspirant sur l'agroécologie comme levier d'adaptation.

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Résumé
Dans cette vidéo, l'agriculteur Pierre Pujos partage son expérience de l'agroforesterie sur sa ferme située dans le Gers. Face à un climat de plus en plus sec et variable, il a choisi de diversifier ses systèmes de culture et d'élevage en intégrant des arbres pour lutter contre l'érosion des sols argilo-calcaires et favoriser la biodiversité. En plantant des haies et des lignes d'arbres en travers des pentes, il crée des micro-terrasses qui retiennent l'eau et les terres tout en améliorant la structure verticale des sols. Bien que la valorisation économique du bois d'œuvre prenne du temps, Pierre Pujos souligne l'importance vitale de ces aménagements pour la résilience future face au changement climatique. Il insiste également sur le rôle crucial des animaux en plein air, qui boostent la fertilité des sols sans intrants, créant ainsi un écosystème durable et une dynamique de solidarité entre agriculteurs locaux. Un témoignage inspirant sur l'agroécologie comme levier d'adaptation.

Pierre Pujos est agriculteur dans le Gers, sur plus de 200 ha en grandes cultures et élevage de petits ruminants (ovins et caprins). Avec la répétition des sècheresses et l’évolution du climat, il a dû arrêter certaines cultures et s'est lancé dans l'agroforesterie sur 11 ha il y a 15 ans. Il nous partage ici son retour d'expérience, merci à lui !


Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du projet AF4EU, avec le soutien de l'Union Européenne.


Tournage le 31 mai 2024.


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Chapitrage :

00:00 Zapping d’introduction

01:09 Contexte et présentation de la ferme : agriculture de conservation des sol, élevage et agroforesterie

16:35 Compétition des arbres et des cultures pour l’eau

18:44 Système agroforestier : production de bois d’œuvre et choix des espèces

25:13 Gestion de l’enherbement de la ligne d’arbres

27:25 Productivité du système agroforestier et perspectives

31:04 Financement des arbres et des protections

38:50 Entretien et gestion du pâturage

47:11 Matériel

53:59 Plantation et irrigation

54:52 Temps passé et marge nette

01:00:55 Impact des arbres sur les cultures

01:02:22 Perspectives d’avenir et adaptation au changement climatique

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Agroforesterie dans le Gers : réduire l’érosion et augmenter la biodiversité

Pierre Pujos, agriculteur dans le Gers depuis 25 ans, témoigne de son expérience en polyculture-élevage et agroforesterie sur des coteaux argilo-calcaires. Confronté à un climat de plus en plus sec et instable, avec une pluviométrie moyenne de 700 à 800 mm par an, il a dû adapter ses pratiques pour assurer la résilience de son exploitation.

La gestion de l’eau et des sols

L’objectif principal de Pierre Pujos est de résister au dérèglement climatique en augmentant le taux de [[matière organique]] dans les sols et en renforçant la biodiversité. L’agroforesterie joue ici un rôle crucial. Plutôt que de respecter des alignements Nord-Sud classiques, Pierre Pujos a planté ses lignes d’arbres en travers des pentes pour lutter contre l’érosion hydrique et mécanique, tout en favorisant le maintien de l’eau sur la parcelle. Il note que ces systèmes racinaires profonds permettent une meilleure infiltration verticale de l’eau, limitant ainsi le ruissellement.

L’intégration de l’élevage et de la biodiversité

Depuis 4 à 5 ans, l’exploitation a intégré un troupeau d’ovins (200 brebis). Ce système en plein air intégral sans bâtiment nécessite des haies et des arbres pour fournir ombrage et abris aux animaux. Cette pratique est également bénéfique pour la biologie des sols, aidant à maintenir une fertilité sans recourir aux engrais chimiques. La biodiversité est favorisée par le maintien de zones refuges et la régénération naturelle, favorisant les auxiliaires de culture et les pollinisateurs sauvages.

Choix des espèces et entretien

Le choix des essences (merisier, noyer, tilleul, chêne vert, érable, etc.) s’est fait en fonction de l’hétérogénéité des sols de la parcelle, notamment la présence d’affleurements calcaires. Pierre Pujos souligne l’importance d’une taille régulière pour former des fûts droits et valorisables en bois d’œuvre, même si cela demande une formation technique importante. Il insiste sur le fait qu’il n’entretient pas les lignes d’arbres avec un broyeur, privilégiant la végétation spontanée pour préserver la biodiversité.

Un modèle économique axé sur la résilience

Pierre Pujos a fait le choix d’un système à bas investissement (environ 15 000 € pour l’atelier ovin, contre les 500 000 € estimés pour une bergerie classique). Il mise sur l’indépendance financière, l’utilisation de matériel mutualisé (CUMA) et une mécanisation réduite. Le suivi précis des marges nettes par parcelle, réalisé avec son salarié, lui a permis d’abandonner les cultures les moins rentables ou trop gourmandes en eau (comme le tournesol ou le soja) au profit de cultures de printemps (lentilles, pois chiches) et de prairies temporaires.

Perspectives et conclusion

L’agriculteur voit l’agroforesterie comme une solution parmi d’autres pour faire face aux défis climatiques futurs. Bien que ses premières plantations soient parfois jugées “ridicules” ou perfectibles, il considère que la production en 3D (cultures au sol et bois en hauteur) est une voie nécessaire pour accroître la productivité et la résilience sur le long terme. Son message est clair : il est urgent d’évoluer vers des systèmes moins énergivores et plus adaptés, afin de maintenir une activité agricole durable dans des régions menacées par l’aridification.