2018 - Visite du Jardin de Manspach - Limaces - 11/22 - Fabrice Meyer
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Visite du Jardin de Manspach (68) du 17 août 2018 organisée dans le cadre de L'ALTERTOUR
Vidéo : Floris Górniak (Merci !)
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Gestion des limaces
La question des limaces est présentée comme un point important du jardin. Si on résout le problème des limaces, « ça va aller presque tout seul », mais en même temps il est expliqué que ce n’est pas si simple.
Sur certaines cultures, notamment les courges, les dégâts peuvent être très importants. Un peu d’anti-limaces a été utilisé, mais l’expérience de l’année précédente a montré les limites de cette solution : malgré plusieurs applications, il y avait encore beaucoup de pertes. L’idée défendue ici est qu’on ne sait pas vraiment « éliminer » les limaces, et qu’il ne faut d’ailleurs pas chercher à les faire disparaître totalement.
Rôle écologique des limaces
Les limaces sont décrites comme nécessaires dans l’écosystème. Elles participent au cycle du sol en favorisant le développement des champignons. Elles mangent des champignons, ingèrent leurs spores, puis les redéposent ensuite, notamment dans leur bave et dans leurs déjections.
L’idée exprimée est que sans limaces, il n’y aurait pas le même fonctionnement biologique :
- pas de spores diffusées ;
- pas de champignons ;
- et donc un sol et une matière organique qui fonctionneraient moins bien.
Les champignons sont présentés comme essentiels, notamment pour la décomposition du bois et de la matière organique. Dans cette logique, les limaces ne sont donc pas seulement des ravageurs : elles ont aussi une fonction utile.
Vivre avec les limaces plutôt que chercher à les supprimer
La stratégie proposée consiste donc à vivre avec les limaces sans qu’elles fassent trop de dégâts. Il faut accepter une certaine part de pertes. Cette approche repose sur un équilibre :
- d’un côté, il y a des dégâts sur les cultures ;
- de l’autre, il y a un bénéfice écologique dans le fonctionnement du milieu.
Le raisonnement est qu’on ne peut pas regarder seulement la perte immédiate. Il faut aussi considérer ce que les limaces apportent au système global.
Chercher des techniques peu dépendantes de l’énergie fossile
La gestion du jardin est replacée dans une réflexion plus large sur l’autonomie et la durabilité. L’objectif est de mettre en œuvre des techniques demandant très peu d’énergie non renouvelable.
Il est expliqué qu’ici, le travail est fait avec très peu de matériel motorisé :
- pas de tracteur ;
- une pompe qui fonctionne au pétrole ;
- une tronçonneuse ;
- une débroussailleuse.
Le reste est assuré autrement, notamment :
- par le cheval ;
- par les chèvres ;
- et par un fonctionnement forestier qui cherche à rester relativement sobre.
L’idée générale est d’essayer de se rapprocher d’un système durable, même si ce n’est pas encore parfait.
La question du plastique dans les techniques culturales
Le plastique est cité comme une limite importante. Il est reconnu que le plastique vient du pétrole, et qu’il faudrait idéalement s’en passer. Mais il est aussi expliqué que, techniquement, cela reste difficile à ce stade.
Le jardin est présenté comme étant dans une phase de transition : l’objectif serait d’aller vers le sans plastique, mais cela n’est pas encore maîtrisé. Il est précisé qu’il ne connaît pas encore de solution totalement satisfaisante, à grande échelle, sans plastique.
Il est cependant mentionné que des alternatives apparaissent, par exemple des toiles de chanvre désormais commercialisées. Celles-ci sont présentées comme une piste intéressante, même si elles ont encore des limites, notamment à cause de leur épaisseur et de leur coût.
Le problème posé est le suivant :
- acheter des bâches plastiques ;
- ou racheter chaque année des matériaux biodégradables.
Le choix n’est donc pas simple, et demande de continuer à se renseigner et à tester.
Modifier le système plutôt que traiter uniquement le symptôme
Au-delà du produit anti-limaces, la réflexion porte sur le fait de changer le système de culture lui-même : modifier les pratiques, les plans de culture et l’environnement de la parcelle pour limiter la pression des limaces, plutôt que compter seulement sur un traitement.
Cette manière de faire s’inscrit dans une logique d’observation, d’adaptation et d’apprentissage progressif.
Les canards comme solution possible
Parmi les solutions évoquées, il y a l’utilisation d’animaux, et en particulier des canards, pour réguler les limaces pendant un certain temps.
L’exemple donné est celui des canards coureurs indiens. L’idée est connue et souvent citée : ils peuvent manger les limaces et contribuer à en limiter les populations. Cependant, cette solution n’est pas présentée comme simple à mettre en œuvre.
Il est expliqué qu’il existe des retours très variables :
- certaines personnes en sont contentes ;
- d’autres non.
Cela dépend notamment des individus. Tous les canards n’ont pas forcément le même comportement :
- certains aiment bien les limaces ;
- d’autres moins.
Il faut donc, en quelque sorte, tomber sur des canards qui aient réellement ce comportement de prédation sur les limaces.
Contraintes de mise en œuvre avec les canards
Même si la solution paraît séduisante, plusieurs contraintes sont soulignées.
D’abord, il faut protéger les canards des prédateurs, notamment des renards. Ils ne doivent pas se faire manger eux-mêmes. Ensuite, il faut les gérer correctement, car s’ils ne sont pas conduits comme il faut, ils peuvent aussi abîmer ou manger les cultures.
Le mode de conduite décrit consiste, sur de petites surfaces, à :
- lâcher les canards sur une parcelle ;
- marcher derrière eux pour les guider ;
- les faire passer là où les limaces sont sorties, notamment le soir.
Ils picorent alors à droite et à gauche et peuvent nettoyer une zone. Mais cela demande une présence humaine importante. Il faut être là, au bon moment, en saison.
Autrement dit, les canards peuvent être une piste, mais ce n’est pas une solution miracle ni totalement autonome.
Une démarche d’expérimentation
L’ensemble du propos insiste sur une logique d’expérimentation. Rien n’est présenté comme définitivement réglé. Il s’agit plutôt :
- d’observer ;
- de tester ;
- d’accepter une part de dégâts ;
- et de progresser vers un système plus équilibré et plus durable.
Dans cette approche, la gestion des limaces n’est pas séparée du reste : elle fait partie d’une réflexion d’ensemble sur le sol, les champignons, les animaux, l’énergie, le plastique et l’autonomie du jardin.