Différences entre les versions de « Trogne »

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Les trognes ou arbres têtards, sont une source de biodiversité dans nos campagnes. On les trouve dans tous types de paysages : montagne, plaine, colline, champs mais aussi en ville. Ces sculptures végétales sont un patrimoine précieux à plus d’un titre, hérité de l’idée de récolter plusieurs fois le houppier d’un même arbre, au cours de sa vie. Les trognes touchent différents domaines : économique, écologique, esthétique, culturel,.
Les trognes ou arbres têtards, trognard, escoup, hautain, chapoule, émonde, ragole, tronche, gueule, mère-souche, arbre à fagots,... sont une source de biodiversité dans nos campagnes. On les trouve dans tous types de paysages : montagne, plaine, colline, champ mais aussi en ville. Ces sculptures végétales sont un patrimoine précieux à plus d’un titre, hérité de l’idée de récolter plusieurs fois le houppier d’un même arbre, au cours de sa vie. Les trognes touchent différents domaines : économique, écologique, esthétique, culturel,...




==Description==
==Description==
La trogne est l’arbre "paysan", utile par excellence, que l’on taille avec assiduité pour en tirer le maximum de profit, ou en contenir le développement, tout en respectant au mieux ses exigences biologiques, et pour en pérenniser la ressource : la nécessité de produire plus avec la plus grande économie de moyens et d’espace possible.


La trogne c’est une connaissance des savoir-faire, une expérience du génie végétal au service de la petite économie-verte d’antan, mais c’est surtout un formidable potentiel d’avenir et de modernité dont on ne perçoit pas clairement les enjeux et la mesure.


Les enjeux de sa réhabilitation dans nos logiques de production agricole et d’aménagements en tous genres sont :
* Le stockage de carbone.
* La production de biomasse.
* Accueillir de la biodiversité.
* Protéger l'environnement et les territoires


La trogne rassemble tous les aspects de la diversité : diversité des milieux, des paysages, des formes, des usages, des produits. Le "concept" même de trogne traduit cette vision totale de l’arbre qui sert à tout et dont on ne laisse rien perdre : branches, rameaux, fruits et feuillages, perches, fagots et brindilles, autant d’intérêts et de profits fournis par un unique capital fixe : des racines et un tronc. Cette analyse "capitaliste" de l’arbre nous éclaire sur le potentiel considérable dont nous pourrions disposer en développant et en gérant notre patrimoine arboré de proximité, en le faisant fructifier et fournir à profusion énergie, matières premières, fertilité pour les sols, vitalité à nos milieux et paysages.




==Des formes multiples, des situations diverses==
La trogne est le résultat d’une technique d’exploitation de l’arbre auquel on a coupé le tronc ou les branches maîtresses à un niveau plus ou moins élevé pour provoquer le développement de rejets que l’on récolte périodiquement. Cette technique s’applique généralement à la plupart des feuillus, plus exceptionnellement sur des conifères.


Selon les essences et l’intervalle des tailles, ces rejets, coupés au même niveau, fournissaient principalement du bois de chauffage, du bois d’œuvre et de travail, ou du fourrage. Véritable centrale de production renouvelable, écosystème remarquable, réservoir de biodiversité, marqueur du paysage, patrimoine culturel original, la trogne tenait autrefois une place importante dans l’économie et dans les paysages ruraux.
Souvent discrètes dans le paysage, les trognes sont pourtant bien présentes, à la ville comme à la campagne : isolées, en petit groupe, en verger, dans les haies, en alignement, le long d’une route ou d’un chemin, au bord d’un canal ou d’un ruisseau, en ville, en plein champ ou même en forêt...
===Le têtard===
Le têtard présente une grosse tête (trogne) : un gonflement du tronc formé par les cicatrisations successives au même niveau. La hauteur de coupe varie généralement de 2 à 3 mètres, elle était définie par la taille des animaux qui pâturaient en dessous pour qu’ils ne puissent pas atteindre les jeunes rejets.
===La ragosse===
La taille en ragosse consiste en l’élagage des branches latérales au ras du tronc. Les ragosses sont des formes spécifiques à la Bretagne, en particulier au bassin rennais. Les branches récoltées étaient utilisées en fagot puis à maturité, le fût servait à du bois d’œuvre (charpente notamment) ou des bûches de bois de chauffage.
===Le candélabre===
Le candélabre est une trogne à plusieurs têtes : lors de la taille de formation, l’arbre n’a pas été totalement étêté, on a coupé ses branches charpentières. Les plus fameux candélabres sont les hêtres de la forêt d’Iraty au Pays Basque, autrefois utilisés pour la production de charbon de bois pour les fonderies d’acier et comme bois d’œuvre pour la construction navale.
===Les trognes urbaines===
La taille en têtard assure une maîtrise de la hauteur de l’arbre adulte, ce qui permet d’envisager la plantation d’arbres plus sereinement en ville, au bord des routes ou à proximité des bâtiments.
===Les têtes de chat===
La taille "en têtes de chat" est surtout mise en œuvre en milieu urbain, l’objectif n’est plus la production de biomasse mais plutôt la formation d’arbres au port "architecturé", au volume contenu.
===Le plessage===
Le plessage est une technique traditionnelle de taille des haies vives. Une haie plessée est constituée en fendant les troncs des arbustes qui la constituent à proximité du sol. Les arbustes ainsi fendus sont ensuite inclinés et tressés avec des piquets espacés de 40 cm ou bien avec certains arbustes laissés verticaux. Certaines trognes sont le vestige d’anciennes haies plessées.
==Une diversité d’essences==
À l’exception de quelques espèces, la plupart des feuillus peuvent être taillés en trogne. Parmi les plus courantes: chênes, saules, ormes, frênes, platanes, mûriers, charmes, érables champêtres, hêtres, peupliers noirs, tilleuls, châtaigniers, marronniers, .. Selon les régions, les milieux et les productions recherchées, on voyait se développer des trognes de telle essence ou d’une autre : mûrier blanc dans les zones produisant du ver à soie, ormes et frênes dans les zones d’élevage, chênes et charmes pour le bois de chauffe, saules pour la vannerie, platanes et tilleuls pour l’agrément en zones urbanisées,...
On peut dire que une trogne, est un arbre transgénérationnel car il est à la fois vieux et jeune, vivant et mort. Il est capable de réunir tous les âges de la vie.
Un arbre creux ou porteur de champignons ne signifie pas qu’il est mort ni qu’il va dépérir rapidement. En effet, le bois mort est au centre de l’arbre, le bois vivant, où circule la sève, est en périphérie du tronc, juste sous l’écorce. Aussi, un arbre fruitier, même creux, peut continuer à produire des fruits.





Version du 26 septembre 2022 à 14:01

Trogne de sureau
Production


Les trognes ou arbres têtards, trognard, escoup, hautain, chapoule, émonde, ragole, tronche, gueule, mère-souche, arbre à fagots,... sont une source de biodiversité dans nos campagnes. On les trouve dans tous types de paysages : montagne, plaine, colline, champ mais aussi en ville. Ces sculptures végétales sont un patrimoine précieux à plus d’un titre, hérité de l’idée de récolter plusieurs fois le houppier d’un même arbre, au cours de sa vie. Les trognes touchent différents domaines : économique, écologique, esthétique, culturel,...


Description

La trogne est l’arbre "paysan", utile par excellence, que l’on taille avec assiduité pour en tirer le maximum de profit, ou en contenir le développement, tout en respectant au mieux ses exigences biologiques, et pour en pérenniser la ressource : la nécessité de produire plus avec la plus grande économie de moyens et d’espace possible.

La trogne c’est une connaissance des savoir-faire, une expérience du génie végétal au service de la petite économie-verte d’antan, mais c’est surtout un formidable potentiel d’avenir et de modernité dont on ne perçoit pas clairement les enjeux et la mesure.

Les enjeux de sa réhabilitation dans nos logiques de production agricole et d’aménagements en tous genres sont :

  • Le stockage de carbone.
  • La production de biomasse.
  • Accueillir de la biodiversité.
  • Protéger l'environnement et les territoires

La trogne rassemble tous les aspects de la diversité : diversité des milieux, des paysages, des formes, des usages, des produits. Le "concept" même de trogne traduit cette vision totale de l’arbre qui sert à tout et dont on ne laisse rien perdre : branches, rameaux, fruits et feuillages, perches, fagots et brindilles, autant d’intérêts et de profits fournis par un unique capital fixe : des racines et un tronc. Cette analyse "capitaliste" de l’arbre nous éclaire sur le potentiel considérable dont nous pourrions disposer en développant et en gérant notre patrimoine arboré de proximité, en le faisant fructifier et fournir à profusion énergie, matières premières, fertilité pour les sols, vitalité à nos milieux et paysages.


Des formes multiples, des situations diverses

La trogne est le résultat d’une technique d’exploitation de l’arbre auquel on a coupé le tronc ou les branches maîtresses à un niveau plus ou moins élevé pour provoquer le développement de rejets que l’on récolte périodiquement. Cette technique s’applique généralement à la plupart des feuillus, plus exceptionnellement sur des conifères.

Selon les essences et l’intervalle des tailles, ces rejets, coupés au même niveau, fournissaient principalement du bois de chauffage, du bois d’œuvre et de travail, ou du fourrage. Véritable centrale de production renouvelable, écosystème remarquable, réservoir de biodiversité, marqueur du paysage, patrimoine culturel original, la trogne tenait autrefois une place importante dans l’économie et dans les paysages ruraux.

Souvent discrètes dans le paysage, les trognes sont pourtant bien présentes, à la ville comme à la campagne : isolées, en petit groupe, en verger, dans les haies, en alignement, le long d’une route ou d’un chemin, au bord d’un canal ou d’un ruisseau, en ville, en plein champ ou même en forêt...


Le têtard

Le têtard présente une grosse tête (trogne) : un gonflement du tronc formé par les cicatrisations successives au même niveau. La hauteur de coupe varie généralement de 2 à 3 mètres, elle était définie par la taille des animaux qui pâturaient en dessous pour qu’ils ne puissent pas atteindre les jeunes rejets.


La ragosse

La taille en ragosse consiste en l’élagage des branches latérales au ras du tronc. Les ragosses sont des formes spécifiques à la Bretagne, en particulier au bassin rennais. Les branches récoltées étaient utilisées en fagot puis à maturité, le fût servait à du bois d’œuvre (charpente notamment) ou des bûches de bois de chauffage.


Le candélabre

Le candélabre est une trogne à plusieurs têtes : lors de la taille de formation, l’arbre n’a pas été totalement étêté, on a coupé ses branches charpentières. Les plus fameux candélabres sont les hêtres de la forêt d’Iraty au Pays Basque, autrefois utilisés pour la production de charbon de bois pour les fonderies d’acier et comme bois d’œuvre pour la construction navale.


Les trognes urbaines

La taille en têtard assure une maîtrise de la hauteur de l’arbre adulte, ce qui permet d’envisager la plantation d’arbres plus sereinement en ville, au bord des routes ou à proximité des bâtiments.


Les têtes de chat

La taille "en têtes de chat" est surtout mise en œuvre en milieu urbain, l’objectif n’est plus la production de biomasse mais plutôt la formation d’arbres au port "architecturé", au volume contenu.


Le plessage

Le plessage est une technique traditionnelle de taille des haies vives. Une haie plessée est constituée en fendant les troncs des arbustes qui la constituent à proximité du sol. Les arbustes ainsi fendus sont ensuite inclinés et tressés avec des piquets espacés de 40 cm ou bien avec certains arbustes laissés verticaux. Certaines trognes sont le vestige d’anciennes haies plessées.


Une diversité d’essences

À l’exception de quelques espèces, la plupart des feuillus peuvent être taillés en trogne. Parmi les plus courantes: chênes, saules, ormes, frênes, platanes, mûriers, charmes, érables champêtres, hêtres, peupliers noirs, tilleuls, châtaigniers, marronniers, .. Selon les régions, les milieux et les productions recherchées, on voyait se développer des trognes de telle essence ou d’une autre : mûrier blanc dans les zones produisant du ver à soie, ormes et frênes dans les zones d’élevage, chênes et charmes pour le bois de chauffe, saules pour la vannerie, platanes et tilleuls pour l’agrément en zones urbanisées,...


On peut dire que une trogne, est un arbre transgénérationnel car il est à la fois vieux et jeune, vivant et mort. Il est capable de réunir tous les âges de la vie. Un arbre creux ou porteur de champignons ne signifie pas qu’il est mort ni qu’il va dépérir rapidement. En effet, le bois mort est au centre de l’arbre, le bois vivant, où circule la sève, est en périphérie du tronc, juste sous l’écorce. Aussi, un arbre fruitier, même creux, peut continuer à produire des fruits.


Sources


Annexes

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