Différences entre les versions de « Mise en place de l’ACS pour remettre de la matière organique dans ses sols »

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===L'allongement des rotations===
===L'allongement des rotations===
Il a été mise en place, mais ça s’est avéré compliqué dans ces sols à faible potentiel, car l'absence de désherbage des couverts provoque des pertes de rendement sur les protéagineux (pois, lentille). Désormais, il adapte la culture d’année en année en fonction de la problématique : vulpin, [[campagnol]], [[Perce-oreilles (ravageur)|pince oreille]] (qui lui a ravagé 50 ha de colza et tournesol, la solution a donc été de travailler un peu le sol).
Il a été mise en place, mais ça s’est avéré compliqué dans ces sols à faible potentiel, car l'absence de désherbage des couverts provoque des pertes de rendement sur les protéagineux (pois, lentille). Désormais, il adapte la culture d’année en année en fonction de la problématique : vulpin, [[campagnol]], [[Perce-oreilles (ravageur)|pince oreille]] (qui lui a ravagé 50 ha de colza et tournesol, la solution a donc été de travailler un peu le sol).
===La double récolte===
Gaëtan a mis en place une double récolte sur quelques parcelles.
* Il sème 8 ha de cameline derrière l'orge de printemps qui a été semée à l'automne, afin de pouvoir la récolter en même temps que l'orge d'hiver.
* Le lotier : toutes les parcelles ont du lotier en couvert permanent et il sert uniquement au couvert permanent, mais il garde une parcelle de 10 ha qu'il récolte pour refaire de la semence qu'il apporte un peu tous les ans dans toutes les parcelles.
Dans ces 2 cas, les résidus de récolte sont remis au sol pour favoriser l'activité biologique des sols.




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Problème de trop de calcium, lié au couvert ? → La solution orge de printemps du coup en interculture ou vous allez couper la monoculture de blé pour mettre de l’OP ?
Problème de trop de calcium, lié au couvert ? → La solution orge de printemps du coup en interculture ou vous allez couper la monoculture de blé pour mettre de l’OP ?
===La double récolte===
Gaëtan a mis en place une double récolte sur quelques parcelles.
* Il sème 8 ha de cameline derrière l'orge de printemps qui a été semée à l'automne, afin de pouvoir la récolter en même temps que l'orge d'hiver.
* Le lotier : toutes les parcelles ont du lotier en couvert permanent et il sert uniquement au couvert permanent, mais il garde une parcelle de 10 ha qu'il récolte pour refaire de la semence qu'il apporte un peu tous les ans dans toutes les parcelles.




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===Biodiversité===
===Augmenter la biodiversité===
Il a planté 250 m de haie, avec une école cette année.
* Cette année, Gaëtan a implanté 250 m de [[Implanter des haies|haie]] grâce au renfort des élèves d'une école voisine.
Pour lutter contre les campagnols, il a mis des perchoirs, passe la herse à paille contre les campagnols, et quand il y a des infestations, il passe le rouleau pour casser les galeries. C’est cyclique donc il ne peut pas dire que c’est lié au couvert. il pense même que les dégâts sont pires dans le SD sans couvert que sous couvert car ils ont moins de choix pour s’alimenter.
* Mise en place de perchoirs : pour contenir les populations de campagnols. Quand l'infestation est trop grande, il passe la herse à paille voire le rouleau pour casser les galeries. Ces infestations sont cycliques, donc il ne peut pas dire qu'elles sont liées à la présence du couvert. Il pense même que les dégâts sont pires dans le SD sans couvert que sous couvert car les campagnols ont moins de choix pour s’alimenter.
 
 
==Les difficultés rencontrées==
* Le plus gros problème que l’on rencontre c’est soi-même car il faut dormir la nuit, il faut y croire, essayer de comprendre. Quand on passe de 200kg d’engrais en plein et qu’on passe à 50 kg dans la ligne de semis et c’est tout ce qu’on met dans l’année, il faut être convaincu et être bien entouré.
 
* Gaëtan a bien été conseillé par Antonio Pereira, donc il n'a pas rencontré trop de difficultés. Il a eu des problèmes, mais plus liés à lui qu'à la méthode. Par exemple, au départ, il avait implanté trop de trèfle nain. Il a rectifié par la suite.
 
 
==Les opportunités rencontrées==
* Son père l'a soutenu dans sa démarche, c'est hyper important de ne pas être tout seul et d'être encouragé, car les changements mis en place ne sont pas anodins et les pertes de rendement réelles. Même si elles sont compensées par d'autres économies réalisées, il faut bien l'avoir en tête.
 
*Il a bien été accompagné par son technicien, qui lui a donné de bons conseils et qui l'a également aidé a acheter son 1er semoir SD qui était le 1er Avatar (maison Horsch). Il a pu l'avoir à moindres frais car c’était un prototype. Son père lui ayant transmis une exploitation très bien équipée, il a eu peu d'investissements matériels à faire à son installation.
 
 
==Bilan==
===Avantages===
* '''Ça lui fait gagner du temps'''. Le temps qu’il ne passe pas dans le tracteur, il le passe à observer ses parcelles.
* '''Satisfaction personnelle''' de remettre de la vie dans ses sols.
* '''Réduction des charges'''. Cette méthode '''lui a permis de maintenir son exploitation'''. Il a diminué par 1.8 les charges opérationnelles par rapport à ce que faisait son père. Son père avait 600€/ha de charges opérationnelles et 380€/ha de charges de mécanisation en 2010, aujourd'hui ...
Un exemple très explicite est qu'en 2016 avec ses 380 ha, Gaëtan consommait 10000L de fuel en moins que son père avec ses 280ha en 2010.
Mais vu le contexte économique actuel, ça serait peut-être moins vrai pour quelqu'un qui se lancerait aujourd’hui dans l'ACS.  


Les points de vigilance :
L’inconnu : on ne sait pas ce qui va se passer sur le long terme. Avec un labour on sait ce qui va se passer, là ça peut faire peur


==Résultats==




==Bilan==
==Bilan==
600€/ha de charges opérationnelles et 380€/ha de charges de mécanisation en 2010
Economique


Social
Environnemental


==Source==
==Source==

Version du 29 juin 2022 à 10:24


Dès son arrivée sur l'exploitation familiale en 2010, Gaëtan Bouchot, agriculteur en Haute-Marne, a mis en place différents moyens de l'Agriculture de Conservation des Sols (ACS) afin de remettre de la matière organique (MO) dans ses sols qui contenaient alors moins d'1% de MO.


Présentation

  • Nom: Gaëtan Bouchot.
  • Localisation : Orges, Haute-Marne (52).
  • Statut : Agriculteur et ETA.
  • Exploitation : En nom propre.
  • SAU : 490 ha.
  • UTH : 2.
  • Cahier des charges : Conventionnel (410 ha) et AB (80 ha).
  • Production :
  • Sol :
    • Type : Argilo-calcaire majoritairement. Terres à faible potentiel. Mélange terre-cailloux. Ce sont des sols faciles pour l’ACS et faciles à enrichir comparé à de grosses argiles lourdes difficiles à mettre en fonctionnement.
    • pH : 7,5.
    • MO : - de 1% au début, maintenant de 1,5 % pour les derniers sols récupérés à 3,5-4% aujourd’hui pour les 1ers sols passés en ACS. On atteint même les 6,8% pour la meilleure parcelle qui est la toute 1ère parcelle passée en ACS en 2013. Une parcelle passée en 2015 est à 5,8% dans les 25 premiers cm.
    • CEC (Capacité d’Echange Cationique) : très élevée.
  • Commercialisation : Stockage d'une grosse partie des récoltes sur l’exploitation pour vente au plus offrant et quelques contrats avec PADV et Soufflet pour le blé en ACS.
  • Autres activités :


Motivations

La plus grande motivation de Gaëtan qui a poussé son changement à l'ACS est de rendre de la MO à son sol. Il prend plaisir à voir ses sols évoluer, au niveau racinaire, composition, porosité. Son crédo : le sol avant la plante.

D'autres raisons plus terre à terre ont également contribué à cette transition. Lorsqu'il s'est installé en 2013, les cours des céréales avaient commencé à chuter mais avec toujours un même niveau de charges, ce n'était pas une situation viable pour son exploitation, il y avait donc du changement à opérer dans ses pratiques. Mais selon lui ce n'est pas une bonne raison.

A son arrivée sur l'exploitation familiale, les rendements entre parcelles n'étaient pas homogènes, il y avait donc un problème à résoudre.

Ce qui a permis d'entretenir sa motivation c'est que grâce à son activité d’ETA, il a eu la possibilité de comparer ses résultats avec ceux de 2 exploitations qui avaient des méthodes différentes. Ça lui a permis de voir s’il était dans le vrai ou dans le faux, surtout sur la récolte. Il s’est rendu compte qu’il ne faisait pas mieux, mais en tout cas pas moins. Et les années extrêmes (sécheresse ou pluie), il y avait clairement un mieux chez lui. Il ne s’en serait pas rendu compte sans aller chez ses voisins. Ses sols sont également plus portants.


Historique

  • 2010 : Gaëtan est arrivé en tant que salarié sur l'exploitation familiale gérée par son grand-père et son père, qui était de 280 ha à l'époque. Diverses pratiques s'y sont succédées : 30 ans de labour, 10 ans de TCS (Techniques Culturales Simplifiées) à 20 cm, 20 ans de pailles brûlées et 20 ans de pailles exportées + rotation colza/blé pendant 25 ans et ensuite colza/blé/orge. Le taux de MO était alors inférieur à 1%. Certaines parcelles présentaient des pertes de rendement d'1 t comparées à leurs voisines. Ils se sont alors rendus compte qu'il y avait un problème et qu'au lieu de nourrir les plantes il valait mieux nourrir les sols. Ils ont alors été conseillés et accompagnés par Antonio Pereira, conseiller productions végétales de la CA 52, qui leur a fait implanter de gros couverts multi-espèces d'interculture. Ils ont eu la chance d'avoir beaucoup d'eau pendant l'été ce qui a permis au couvert de bien se développer. Ils ont continué à travailler légèrement les sols.
  • 2013 : Installation de Gaëtan sur l'exploitation. Ils ont continué les couverts multi-espèces d'interculture.
  • 2016 : Augmentation de la SAU à 380ha.
  • 2022 : La SAU est de 490 ha. Toute l’exploitation est en ACS (sauf 80ha en AB), mais il revient un peu en arrière sur le semi direct pour le tournesol car le potentiel de rendement n’est pas forcément au RDV.


Étapes de mise en place de l'ACS

Les couverts multi-espèces d'interculture

A son arrivée en 2010, il y avait un problème de vulpin résistant. Il a donc bien désherbé avec l’isoproturon qui était encore autorisé à l'époque, puis il a implanté le couvert qu'il a encore désherbé pour éliminer les graminées qui restaient dedans. Ça a permis de bien nettoyer les parcelles des repousses de céréales. Le couvert a ensuite pris la place. La composition était : Féverole (50 kg), pois (30 kg), tournesol (4 kg), phacélie (2 kg), moutarde (1,5 kg). Ils ont eu la chance d'avoir beaucoup d'eau pendant l'été ce qui a permis au couvert de bien se développer. Ils ont continué à travailler légèrement les sols.


Semis direct sous couvert permanent de légumineuses

Au début, le couvert était composé de trèfle blanc nain (TBN), mais il présentait 2 inconvénients : ses racines restent sur le même horizon racinaire que celui des cultures et il ne résiste pas à la sècheresse ce qui cause une perte sur investissement. Gaëtan a alors mis en place un mélange de TBN et de lotier dont les racines descendent dans des horizons plus profonds, il est facilement maîtrisable dans la culture sans trop de chimie et il résiste à la sécheresse. La luzerne est la meilleure légumineuse, mais elle est plus dure à maîtriser, il faut sortir le pulvé plus souvent, donc il n'en a pas implantée. Aujourd'hui le couvert est uniquement composé de lotier. Mais attention, il faut commencer avec des petites doses pour ne pas dépasser la culture : 4kg la 1ère année et ensuite 2kg chaque année. Ça permet d’apporter de l’azote en permanence. Le temps que le sol se mette en route, il consomme pas mal d’azote pour dégrader les matières qu’on lui donne, du coup la 1ère année l’azote des légumineuses ne sert pas à la culture. Il faut bien doser car à l'inverse, on peut se retrouver avec des excès d'azote !

Exemple : Si la minéralisation de printemps arrive au mauvais moment, il y a risque de se retrouver avec des protéines dans les orges de brasserie. Surtout dans l'OH, c'est moins vrai dans l'OP.


Aujourd'hui l'ensemble de ses champs après récolte, reçoit un couvert multi-espèces en plus du couvert de légumineuses. Les légumineuses sont semées à plusieurs moments : avec le couverts multi-espèces et au printemps avec une herse étrille avant l’épi 1 cm.


L'allongement des rotations

Il a été mise en place, mais ça s’est avéré compliqué dans ces sols à faible potentiel, car l'absence de désherbage des couverts provoque des pertes de rendement sur les protéagineux (pois, lentille). Désormais, il adapte la culture d’année en année en fonction de la problématique : vulpin, campagnol, pince oreille (qui lui a ravagé 50 ha de colza et tournesol, la solution a donc été de travailler un peu le sol).


La double récolte

Gaëtan a mis en place une double récolte sur quelques parcelles.

  • Il sème 8 ha de cameline derrière l'orge de printemps qui a été semée à l'automne, afin de pouvoir la récolter en même temps que l'orge d'hiver.
  • Le lotier : toutes les parcelles ont du lotier en couvert permanent et il sert uniquement au couvert permanent, mais il garde une parcelle de 10 ha qu'il récolte pour refaire de la semence qu'il apporte un peu tous les ans dans toutes les parcelles.

Dans ces 2 cas, les résidus de récolte sont remis au sol pour favoriser l'activité biologique des sols.


Autres pratiques mises en place

La monoculture de blé

Avec à l'arrêt du colza suite à un problème de grosse altise, Gaëtan avait du mal à trouver une nouvelle tête de rotation rentable dans ses terres argilo-calcaires superficielles. Il a alors pris le parti de faire son blé en monoculture mais avec un couvert permanent de légumineuses et un couvert multi-espèces d’interculture. C'est bénéfique au niveau des maladies et du salissement. Ses parcelles en monoculture de blé (ou de paille) sont beaucoup plus propres que les autres.


Problème de trop de calcium, lié au couvert ? → La solution orge de printemps du coup en interculture ou vous allez couper la monoculture de blé pour mettre de l’OP ?


Le mono apport d'azote

Au 1er février tout l'azote (145U) a été apporté en un seul apport et de préférence sous la pluie pour une meilleure efficacité. Comme les sécheresses arrivent de bonne heure dans sa région, ça permet de rendre l'azote plus disponible sur le long terme dans le sol. Il apporte de l'azote liquide soufré (37/12), ça rend l’azote plus efficient pour la plante. Pour les sols en argilo calcaire, le soufre permet de libérer le CAH (complexe argilo humique) qui est saturé en cations. Il aimerait pouvoir libérer encore plus de place, alors il cherche d’autres solutions comme implanter des plantes libératrices du CAH.


Augmenter la biodiversité

  • Cette année, Gaëtan a implanté 250 m de haie grâce au renfort des élèves d'une école voisine.
  • Mise en place de perchoirs : pour contenir les populations de campagnols. Quand l'infestation est trop grande, il passe la herse à paille voire le rouleau pour casser les galeries. Ces infestations sont cycliques, donc il ne peut pas dire qu'elles sont liées à la présence du couvert. Il pense même que les dégâts sont pires dans le SD sans couvert que sous couvert car les campagnols ont moins de choix pour s’alimenter.


Les difficultés rencontrées

  • Le plus gros problème que l’on rencontre c’est soi-même car il faut dormir la nuit, il faut y croire, essayer de comprendre. Quand on passe de 200kg d’engrais en plein et qu’on passe à 50 kg dans la ligne de semis et c’est tout ce qu’on met dans l’année, il faut être convaincu et être bien entouré.
  • Gaëtan a bien été conseillé par Antonio Pereira, donc il n'a pas rencontré trop de difficultés. Il a eu des problèmes, mais plus liés à lui qu'à la méthode. Par exemple, au départ, il avait implanté trop de trèfle nain. Il a rectifié par la suite.


Les opportunités rencontrées

  • Son père l'a soutenu dans sa démarche, c'est hyper important de ne pas être tout seul et d'être encouragé, car les changements mis en place ne sont pas anodins et les pertes de rendement réelles. Même si elles sont compensées par d'autres économies réalisées, il faut bien l'avoir en tête.
  • Il a bien été accompagné par son technicien, qui lui a donné de bons conseils et qui l'a également aidé a acheter son 1er semoir SD qui était le 1er Avatar (maison Horsch). Il a pu l'avoir à moindres frais car c’était un prototype. Son père lui ayant transmis une exploitation très bien équipée, il a eu peu d'investissements matériels à faire à son installation.


Bilan

Avantages

  • Ça lui fait gagner du temps. Le temps qu’il ne passe pas dans le tracteur, il le passe à observer ses parcelles.
  • Satisfaction personnelle de remettre de la vie dans ses sols.
  • Réduction des charges. Cette méthode lui a permis de maintenir son exploitation. Il a diminué par 1.8 les charges opérationnelles par rapport à ce que faisait son père. Son père avait 600€/ha de charges opérationnelles et 380€/ha de charges de mécanisation en 2010, aujourd'hui ...

Un exemple très explicite est qu'en 2016 avec ses 380 ha, Gaëtan consommait 10000L de fuel en moins que son père avec ses 280ha en 2010. Mais vu le contexte économique actuel, ça serait peut-être moins vrai pour quelqu'un qui se lancerait aujourd’hui dans l'ACS.

Les points de vigilance : 

L’inconnu : on ne sait pas ce qui va se passer sur le long terme. Avec un labour on sait ce qui va se passer, là ça peut faire peur


Bilan

Economique

Social Environnemental

Source

Interview réalisée le 27/06/2022.


Annexes

Leviers évoqués dans ce système

Matériels évoqués dans ce retour d'expérience

Cultures évoquées

Bio-agresseurs évoqués


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