Le développement successif et symbiotique des plantes et de la vie du sol

De Triple Performance
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Microbiote du sol


Dr. Elaine Ingham, biologiste américaine de réputation mondiale, connue aussi pour ses travaux sur le réseau alimentaire du sol (Soil Food Web), le thé de compost oxygéné et la fertilisation foliaire, a étudié des milliers d’échantillons de sol à travers le Globe. Cette étude a notamment révélé une relation entre les propriétés chimiques, physiques et micro-biologiques du sol et le type de plantes qui y poussent, chaque plante vivant en symbiose avec son ”cheptel” micro-biologique caractéristique. Un phénomène particulièrement intéressant concerne la corrélation entre le type de végétation qui pousse sur un lieu d’une part et le ratio champignons/bactéries (C/B) et carbone/azote (C/N) de l’autre.

Le développement successif des plantes et du sol
La plante, grâce à l’énergie qu’elle reçoit du soleil, est l’initiateur, la force motrice du couple plante-sol. C’est elle qui mène la danse !

Dans la nuit des temps, le monde végétal, a débuté avec quelques plantes primitives telles que les lichens et les mousses qui, grâce à la photosynthèse avec son pouvoir réducteur (dans le sens du potentiel redox), engendré par l’énergie et le flux d’électrons du soleil, se développaient sur un substrat minéral (roche mère) en symbiose avec une multitude de bactéries capables d’attaquer et de le solubiliser.

Au fil des années, cette végétation primitive en symbiose avec le monde microbien a produit de la matière organique pour évoluer vers des formes et des microbiotes de plus en plus complexes ainsi que des sols de plus en plus riches en substances carbonées, bactéries et champignons (ratio C/B et C/N de plus en plus élevé), le rapport entre biomasse fongique et biomasse bactérienne pouvant atteindre 1000 sur 1 dans certaines forêts primaires .

Au cours de cette évolution vers des écosystèmes de plus en plus diversifiés et complexes, de plus en plus stables, résilients et productifs, sont apparues les plantes ”pionnières” majoritairement dicotylédones d’abord, puis suivies par des graminées primitives (vulpin, brome, chiendent, etc.). Celles-ci sont en quelques sortes les frères et les sœurs de nos adventices.


Le rôle des dicotylédones, généralement riches en protéines, lipides, éléments minéraux et bactéries, est de préparer (…ou de réparer) le terrain pour nos plantes culturales qui pour la plupart d’entre elles, se développent le mieux dans une terre riche en humus, bactéries et champignons avec un rapport champignons/bactéries aux alentours de 0,5 à 1,5. Toute déviation importante vers une domination bactérienne et un milieu oxydant riche en nitrate (NO3-), la forme oxydée et pauvre en énergie du N exigeant plus d’énergie pour l’assimilation par la plante), telle qu’elle est provoquée par une grande partie des pratiques agricoles, déstabilise l’écosystème plante-sol.


Souvent accompagné de déséquilibres minéraux, enzymatiques et hormonaux, le résultat se voit dans des sols compactés avec une flore rhizosphérique perturbée et des cultures fragilisées, ce qui entraine une prolifération d’adventices, de maladies et de bio-agresseurs. Cette dégradation affecte aussi la régularité, la qualité et la saveur des productions et, par voie de conséquence, la santé des animaux et des humains qui en dépendent pour leur nourriture.

Les stades évolutifs de la végétation et de la vie du sol


Les bactéries ont une affinité envers les dicotylédones, notamment les légumineuses et les crucifères, qui, riches en protéines, lipides et minéraux, se décomposent rapidement (plantes pionnières nitrophiles - adventices - C/N et C/B faibles).


Les champignons ont besoin de bactéries et de plantes à mycorhize riches en glucides, en particulier de graminées (C/N élevé). En raison d’une complémentarité fonctionnelle, les graminées (Poaceae) sont souvent cultivées en association avec des légumineuses (Fabaceae) et des crucifères (Brassicaceae).



Annexes


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