Améliorer la croissance des veaux de 0 à 3 mois

De Triple Performance
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Veaux dans une couchette adaptée


Les veaux, de la naissance jusqu'à leurs trois mois, développent leur parenchyme mammaire. C'est pourquoi il est primordial de favoriser leur croissance afin d'assurer un Gain Moyen Quotidien (GMQ) de 900 à 1000 grammes par jour. Pour cela il faut prêter attention au logement et à l'alimentation, mais aussi à l'hygiène, au stress et aux relations sociales afin qu'ils s'alimentent de manière optimale.


Surveiller la croissance du veau

L'objectif de croissance du veau de 0 à 3 mois est de 900 à 1000 g de GMQ.

On peut suivre cette croissance grâce à :

  • La barymétrie : mesurer le veau autour de la poitrine est possible, mais peu fiable. Les mesures peuvent en effet varier selon celui/celle qui l'a fait et selon la morphologie du veau. On vise cependant un tour de poitrine de 100 à 105 cm au sevrage.
  • La pesée : beaucoup plus fiable, la pesée permet de déterminer directement le GMQ.


Des locaux adaptés à l’âge des animaux

Avant d’aménager une nurserie

Avant toute chose, il faut réfléchir aux points suivants :

  • L’espace est-il bien dimensionné et adapté ?
  • L’espace répond-il au volume d’air requis par veau ?
  • La température de confort des animaux est-elle adaptée ?
  • La surface de couchage est-elle suffisante ?
  • Veillez également à vos conditions de travail. La configuration de la nurserie vous permettra-t-elle d’intervenir de façon simple et rapide ?  L’hygiène et le nettoyage seront-ils facilités ?


Votre nurserie doit évoluer en même temps que la croissance de vos animaux. Pour cela, tenez compte des deux principales phases : 0-2 mois et 2-3 mois.


De 0 à 2 mois

De 0 à 2 mois, on peut choisir soit des logements collectifs, soit des logements individuels.


Le logement collectif

Faux plafond dans une case collective (Source : Eilyps)

Le logement collectif est l’aménagement qui demande le moins de main d’œuvre. Avec des cases bien dimensionnées au nombre de génisses élevées par an, le logement collectif permet de travailler en lot et d’optimiser le travail. Il permet notamment une conduite en bande.

Cependant, si vous optez pour le logement collectif, soyez vigilant vis-à-vis du volume d’air requis car trop souvent, il n’est pas adapté aux jeunes veaux :

  1. Pour les trois premières semaines, il est conseillé d'avoir un espace offrant entre 8 et 12 m3 d’air par veau.
  2. De 3 semaines à 2 mois, prévoyez 12 à 16 m3 d’air par veau.

Très souvent les animaux sont dans le même bâtiment. Dans ce cas, la réalisation de faux plafonds pour les cases qui accueillent les 0-3 semaines est une bonne alternative, afin de réduire le volume d'air et de garder ainsi les veaux au chaud.

La température idéale de confort des animaux se situe entre 5 et 25 °C. Dans les nurseries qui n’ont pas de gros volume, des lampes chauffantes sont parfois recommandées pour augmenter la température de quelques degrés. En dessous de ces températures, les veaux risquent de rentrer en hypothermie. Au dessus, ils risquent d'hyperventiler et d'avoir un manque d'appétit.


Le logement individuel

Case individuelle intérieure (Source : Eilyps)

Le logement individuel est le système qui assure le maximum de garantie d’hygiène. L’aspect sanitaire est plus facile à respecter car le lavage est simplifié après chaque passage de veau. Cependant, les cases individuelles demandent plus de travail de manutention que le logement collectif.

Sous forme de niches, les cases individuelles peuvent être placées à l’intérieur ou à l’extérieur d’un bâtiment. Si vous choisissez l’installation de niches en extérieur, veillez à bien les orienter vers l’Est pour un confort maximum.


De 2 à 3 mois : les cases collectives

Cases collectives paillées (Source : Eilyps)

Les cases collectives paillées

Les cases collectives paillées sont les mieux adaptées à la forte croissance des animaux à cette période. En plus d’apporter un maximum de confort, elles s’adaptent parfaitement aux évolutions de croissance régulières des veaux.


Le logement en logettes

Niches extérieures (Source : Eilyps)

Les logettes sont moins confortables, ceci est principalement dû à un paillage parfois négligé. Les logettes ont l’avantage de pouvoir accueillir, sans risque de concurrence accrue, des animaux avec des écarts d’âge. Notez que l’investissement financier dans des logettes reste supérieur à l’aire paillée.

Des réglages seront à réaliser en fonction des âges et des gabarits des animaux. Cette démarche peut avoir une incidence sur la capacité d’accueil du bâtiment.


Les niches extérieures

Si vous optez pour des niches extérieures, il vous faudra aménager une cour pour respecter un espace de vie suffisant et permettre à la génisse de faire de l’exercice. Les niches doivent également être équipées d’abreuvoirs, de distributeurs de concentrés et d’un râtelier de foin.


L’alimentation adaptée au logement

En période lactée, le mode de distribution dépend du logement choisi.


Dans un logement individuel

Le seau téteur, particulièrement adapté aux cases individuelles, permet au veau de bien assimiler le lait en régulant le débit de buvée. Prévoyez l’installation d’un distributeur de concentré et d’un point d’eau. La buvée au seau demande moins de travail au début. Veillez à bien nettoyer les seaux après chaque buvée, pour minimiser les risques sanitaires.


Dans un logement collectif

Plusieurs choix sont possibles. Comme pour le logement individuel, le seau téteur est une possibilité. Le DAL (Distributeur Automatique de Lait) est une option également. Il est moins gourmand en temps de travail mais nécessite de la surveillance. Il a l’avantage de distribuer du lait reconstitué de façon toujours homogène. Le DAL pour lait entier implique une réserve adaptée au nombre de veaux à alimenter.

Seau téteur (Source : Eilyps)


Alimentation

Colostrum

A la naissance, dans les six premières heures de vie du veau, il est impératif de lui donner un maximum de colostrum afin qu'il construise son immunité passive. Cela lui permettra de faire face aux diarrhées et autres maladies.

Il faut donner environ 10% du poids du veau de colostrum. Les valeurs de ce dernier sont cependant à prendre compte, en les mesurant par exemple avec un réfractomètre. Dans l'idéal, conserver un colostrum à plus de 23 brix au congélateur pour le donner au veau si celui de la mère n'est pas suffisant.


Avant le sevrage

Deux options sont possibles pour nourrir le veau avant sevrage :

  • Lait entier : bien pour la température, mais les valeurs du lait entier ne sont pas stables et cela peut être compliqué pour le veau qui risque d'avoir du mal à le digérer. Il aura notamment des difficultés causées par la matière grasse qui peut engendrer des diarrhées.
  • Lait reconstitué : valeurs stables, plus simples à digérer pour le veau. Deux types sont possibles :
    • Lait en poudre : stable, confortable dans la conduite.
    • Lactosérum : moins de protéines que le lait en poudre. Il faut donc complémenter l'apport de lactosérum avec des concentrés solides. Le lactosérum est cependant une solution pour éviter les diarrhées. Il faut être rigoureux pour monter un plan d'alimentation avec celui-ci.

Il est très important d’apporter un aliment sec (maïs grain, aliment du commerce) dans la ration du veau dès 8-10 jours en commençant avec une poignée et en augmentant petit à petit. De l’eau doit évidemment être à disposition en qualité et en quantité suffisantes.


Après le sevrage

Après le sevrage, là encore, deux options :

  • Ration sèche : concentrés du commerce, céréales produites sur l'exploitation ou mix avec fourrage (foin, paille).
  • Ration fourrage : maïs ensilage en toutes petites quantités. La capacité d'ingestion du veau est cependant très faible, il est donc préférable de soutenir avec un aliment concentré type VL 2,5 L.


Avoir une base maïs dans un aliment du commerce est très important car cela réduira les risques d'acidose. On augmente aussi les quantités de minéraux apportés car avant le sevrage, le lait est déjà très riche. Enfin, on peut apporter à la ration de l'argile verte qui sert de pansement gastrique en cas d'inflammation du tube digestif du veau.


Pâturage

Le pâturage pour le veau de 0 à 3 mois est possible, il n'est cependant pas souvent recommandé car ces techniques ne sont pas encore maîtrisées.


Santé et hygiène

"Pas plus d’un stress par jour"

Plusieurs points sont à respecter pour limiter le stress et donc maximiser la capacité d'ingestion du veau :

  • Eviter le stress du logement, le laisser le plus longtemps possible en case individuelle.
  • Eviter de réaliser le sevrage et l'écornage au même moment. Le mieux est de le sortir avant pour le mettre là où l'écornage sera effectué.
  • De manière générale, il faut s'organiser de manière à ce que le veau ne subisse pas deux changements à la fois.


Relations sociales

Le veau est fait pour vivre en collectivité. C'est pourquoi il est primordial qu'il développe dès son jeune âge des relations avec ses congénères mais aussi avec l’éleveur. Il apprendra ainsi à vivre en troupeau.


Hygiène

Dès la naissance, il est primordial de bien réfléchir l'hygiène du veau, afin de réduire le taux de mortalité des jeunes. Ainsi, le box de vêlage doit être très propre, c'est-à-dire vidé après chaque vêlage. Si les animaux sont dehors, la zone de pâturage convient parfaitement. Il faut aussi désinfecter le nombril dès que le veau naît car les agents pathogènes remontent par le cordon ombilical.

Pour la conduite alimentaire, il faut soit nettoyer et désinfecter les seaux après chaque ration, soit avec des niches individuelles, réserver un seau par veau, qui conservera ainsi ses propres microbes sans les transmettre à ses congénères.

Enfin, toujours surveiller les litières et les nettoyer régulièrement.


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Annexes


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